LA CHAÎNE DU PARDON
Depuis longtemps, je veux faire quelque chose
de bien pour l'humanité. Cela peut paraître un peu prétentieux,
mais c'est avec humilité que je voudrais aider les autres. On
me dit toujours qu'il faut de l'argent, des moyens, des déplacements,
du temps, et je ne sais quoi encore! Mais moi, je pense que non.
Il y a quelques temps, j'ai vu un film très émouvant ''Un monde
meilleur'', qui m'a donné une idée. Partant du précepte ''Aimez-vous
les uns les autres'', je me suis dit qu'il n'était peut-être pas
nécessaire d'aller en Afrique ou en Inde pour trouver des gens
malheureux.
Je crois qu'il y a un mal absolu qui emplit nos cœurs de haine
et de vengeance, de jalousie et de rivalité, et que toutes les
guerres viennent de là. Combien sommes-nous à ressentir rancœur
ou indifférence pour une ou plusieurs personnes? Qui peut aller
au plus profond de soi sans y trouver de haine enfouie sous les
années ou l'éducation?
Cette émotion est un acide qui vous ronge un peu à la fois. Elle
nous fragilise, nous aigrit. Quel est l'intérêt de garder ce poison
bien au chaud alors qu'il est si simple de s'en débarrasser? Pardonner
et dire pardon. C'est une véritable délivrance!
N'est ce pas enfantin? N'avez-vous jamais demandé à votre enfant
d'aller s'excuser même si c'est une broutille? Et n'a-t-il pas
alors repris ses jeux le cœur léger? Voilà, c'est simple comme
bonjour!
Les bénéfices de cette action sont incroyables! Immédiatement,
vous ressentirez une délivrance, puis les bienfaits s'étendront
sur toute votre vie, sur tous les gens que vous aimez. Vous n'aurez
plus qu'une envie: faire passer le relais, et ainsi les gens que
vous voyez souffrir pourront être soulagés à leur tour. Un exemple:
il y a quelques années, vous avez blessé verbalement un membre
de votre famille, depuis, vous ne vous adressez plus la parole,
ou alors le cours de la vie a repris sans jamais que l'abcès ne
soit percé. Sans jugement, sans rien demander en échange, sans
revenir sur le passé, pouvoir lui dire : «Pardon, pardon de t'avoir
fait du mal, ce n'est pas ce que je voulais. Je n'éprouve plus
de haine, et j'espère que tu pourras me pardonner un jour.» Ou
un autre exemple encore plus difficile; on vous a fait du mal,
énormément. Chaque fois que vous y repensez, un goût amer revient
dans votre bouche. Être capable de dire: «Je te pardonne, je n'éprouve
plus aucune haine pour ce que tu m'as fait. Je veux continuer
ma vie sans porter ce fardeau de rancœur.»
Évidemment, il vous faudra beaucoup de force au début, mais cela
vous rendra tellement service que ce prix à payer est dérisoire.
Cette idée ne coûte rien, elle vous fera gagner beaucoup. Elle
est exempte de toute idée religieuse et tant pis si elle est utopique,
j'ai envie d'y croire. Peut-être qu'au début, vous ne serez pas
sincère dans vos excuses, mais il faut du temps pour trouver ce
chemin, ce chemin qui vous amènera vers une forme de liberté...